Je sais bien, la Présidentielle a bel et bien commencé. Le bal des "primaires" au PS. Le "gouvernement de combat" à l'UMP. Le Congrès du Modem de demain. Celui du Front National en janvier. Les petites secousses du côté des Euroécologistesverts. Les agitations des "collatéraux".
Normal, ça a commencé et c'est, je le redis, normal.
Cependant, d'autres élections arrivent et je crois fermement que la démocratie locale est au moins aussi importante que l'expression nationale. Certes, cette dernière possède des leviers qui lui sont propres car c'est elle qui fait la "loi", à défaut souvent d'interpréter le "droit". Mais la démocratie locale est le moment d'expression des territoires vécus, des bassins de vie, du quotidien. C'est l'expression, en quelque sorte, de la réalité territoriale alors que le moment national est l'expression du territoire symbolique. Ces échelons, méritent que les forces politiques ne les négligent pas.
Comment s'y prendre, côté démocrate ? Mon opinion est que l’élection que nous allons vivre est une élection particulière dans la vie des Conseil Généraux : le passage du « Conseiller Général » au « Conseiller Territorial » implique une révision d’optique du travail de l’élu local qui n’est pas à négliger.
Face à cette transformation, l’élu en 2011 aura deux choix devant lui :
· se penser comme le dernier des CG
· se penser comme le premier des CT
Dans ce choix, il est opportun de se faire guider par trois ordres d’éléments :
· le rôle, actuel et futur, de l’Institution vis-à-vis des dynamiques des territoires
· les besoins et les attentes des citoyens
· la durée du mandat et la continuité de l’action politique
Partant par ce dernier point, il est évident que trois ans est un délai excessivement court pour déployer une politique de canton et obtenir des résultats avant la prochaine échéance. Le risque est fort de voir les « derniers CGs » devoir se cantonner à une posture passive et très certainement frustrante d’attente de 2014. Attente qui sera, vraisemblablement, meublée d’activités plus politiciennes, le calendrier de la politique nationale laissant en effet cette échappatoire. En revanche, se projeter activement, dès maintenant, à l’horizon 2014, peut permettre à des figures nouvelles d’émerger et de se forger une crédibilité dans un rôle qui reste, à présent, relativement inconnu.
Si on prend en considération attentes et besoins des citoyens, là encore une clé de lecture projetée vers le futur paraît préférable. Les besoins des citoyens restent en effet très liés au sentiment qu’ils ont de ne pas pouvoir s’en sortir tous seuls. La crise, certes, mais également les difficultés collatérales à l’emploi, difficultés qui se manifestent typiquement en matière d’accès au logement. A son tour, et notamment dans les régions riches en villes, bourgs et villages comme la nôtre, les choix plus ou moins contraints en termes de lieu d’habitation appellent immédiatement le problème des transports, du maillage en services de proximité, parfois de l’accès aux soins. Et, plus en profondeur, les politiques de localisation des entreprises et les relations entre puissance publique et systèmes productifs locaux.I l est assez évident que l’adoption d’une perspective « trois ans et on verra » n’est pas en mesure de répondre à ces besoins et à ces attentes.
Enfin, si l’on prend en compte les dynamiques territoriales, il me soit permis de remarquer qu’elles sont très certainement influencées par l’activité des Institutions mais qu’elles présentent également des tendances lourdes qui provoquent une certaine inertie. Il est donc opportun que le Conseil Général, donc les élus que le composent et également les candidats à la fonction, puisse montrer aux territoires sa capacité de jouer la nouvelle partition bien en avance par rapport au calendrier officiel.
C’est un problème de crédibilité : la demande de politique « autrement », si bien exploitée mais si mal comprise même par les démocrates, reste d’actualité. La demande d’une politique comme service et comme intelligence. La demande d’une politique crédible.
Si une force politique comme la nôtre veut rebondir, et je crois qu’elle en a les qualités nécessaires, c’est à ces demandes qu’elle se doit impérativement d’apporter des réponses.
Pour faire cela elle doit comprendre que l'enracinement du parti par le biais de l'enracinement des personnes (à tort appelés "notables") n'est pas un levier suffisant, bien qu'utile. L'enracinement du parti en tant que tel est également essentiel. Ne fut-il que parce que les individus passent, c'est la vie, alors que les idées, elles, restent.
J'aimerais donc ne voir cette échéance à venir dégradée à une simple histoire de personnes plus ou moins connues sur leur canton, plus ou moins insérées dans des cercles, plus ou moins alliées à d'autres qui portent, le mot est pompeux, des projets forcément microterritoriaux alors que la durée du mandat et la conjoncture électorale vont rendre très difficile la mise en œuvre de ces projets.
Je reconnais bien volontiers que la dimension "un projet pour mon canton" est importante. Mais je pense qu'elle ne saurait être suffisante sans la prise en compte d'un volet plus politique, d'interprétation des territoires dans leurs interactions et du rôle du Conseil Général et du Conseiller.
A la veille du Congrès, j'ose espérer que la dimension de la Politique appliquée aux espaces de proximité ne sera pas l'oubliée des débats
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